Saison 15/16

Festival musica 2015

Jeudi 24 septembre 2015, 20h30 Auditorium de France 3 Alsace, Strasbourg

Musica

Découverte de la création de Raphaël Cendo en miroir d’une des œuvres emblématiques de Helmut Lachenmann, référence radicale des années 80. Le parcours de l’Ensemble Linea avec le compositeur français s’ouvre sur un nouvel horizon.

« Mouvement (– avant la solidification) évoque les derniers mouvements réflexes qui agitent le corps avant de se figer dans la mort : les ultimes convulsions et la pseudo activité du trépas. » C’est ainsi qu’en 1984, Helmut Lachenmann – 80 ans cette année – débutait la note de programme de sa partition. Elle figure, depuis, l’éthique du compositeur allemand, maître influent – même si parfois contesté – de plusieurs générations en recherche de renouvellement. Au sujet du geste et du son, Lachenmann explique comment il lui a fallu procéder pour dépasser son art : « (ré)utiliser des sons non altérés était le seul moyen pour moi de prouver l’importance que revêtent, non seulement la fracture des sons, mais aussi la tentative de déconstruire nos pratiques de perception pour les redécouvrir en nous-mêmes. »

Une œuvre majeure exige toujours de ses interprètes un engagement total et une remise en question de leurs a priori culturels. La musique de Raphaël Cendo, Musica la présente régulièrement depuis un concert « jeune création » en 2006. Sans filiation immédiate avec celle de Lachenmann, elle est en quête, elle aussi, d’une radicalité véritable. À Strasbourg, deux de ses pièces maîtresses, Introduction aux ténèbres (jouée en 2010) et Registre des lumières (en 2014) ont donné un aperçu magistral des interrogations du compositeur. « La lumière n’est plus la métaphore du savoir, de la réflexion et de la création – disait-il en 2009. Ce qui fait sens aujourd’hui, c’est tout ce qui est enfoui et caché, ce qui se trame loin des scènes aveuglantes. Les ténèbres gardent leur mystère. (…) plonger l’auditeur dans l’obscurité, oui, mais pour mieux en dégager l’éclat, le feu et la fureur. » Sa création de 2015 devrait éclairer l’auditeur sur l’état de ce questionnement.

PROGRAMME :

Raphaël Cendo, Corps, 2015, Création mondiale (27’)

Helmut Lachenmann, Mouvement (– avant la solidification), 1982-84, (24′)

DISTRIBUTION :

Jean-Philippe Wurtz : Chef d’orchestre, Wilhelm Latchoumia : Piano solo, Keiko Murakami Flûte 1, Ayako Okubo Flûte 2, Heidi Caillet Hautbois, Andrea Nagy Clarinette 1, Laurent Will Clarinette 2, Adam Starkie Clarinette 3, Antoine Pecqueur Basson, Samuel Stoll Cor, Stephen Altoft Trompette 1, Julien Wurtz Trompette 2, Thierry Spiesser Trombone, Olivier Maurel Percussions, Antoine Josselin Percussions, Victor Hocquet Percussions, Marco Fusi Violon 1, Winnie Huang Violon 2, Elodie Gaudet Alto1, Marco Fusi Alto 2, Askar Ishangaliyev Violoncelle 1, Elsa Dorbath Violoncelle 2, Sven Kestel Contrebasse, Elisabeth Bigot Piano.

Silence habité

Mardi 17 novembre 2015, Théâtre de Cornouailles, Scène nationale de Quimper, France.

OVERSEAS IV

Le Théâtre de Cornouailles invite le compositeur contemporain Aurélien Dumont comme artiste associé à son centre de création musicale pour deux saisons.

À l’occasion de la venue de l’Ensemble Linea au Théâtre de Cornouailles, Aurélien Dumont propose un programme riche de ses multiples références musicales. Sous la direction de son chef Jean-Philippe Wurtz, l’Ensemble nous ouvre la voie à la découverte des compositions du jeune créateur ainsi que de celles de musiciens qu’il considère comme des inspirateurs, tels que Claude Debussy et Gérard Pesson. Un concert carte de visite. La musique d’Aurélien Dumont est pensée comme une cartographie constituée de petits paysages où se côtoient des objets musicaux inattendus. La culture japonaise, le lien avec la musique du passé, la poésie contemporaine sont au centre de ses préoccupations. L’Ensemble Linea partage avec Aurélien Dumont une même curiosité pour le Japon, dont la capacité à allier modernité audacieuse et tradition, dans une forme d’intemporalité, les fascine. Ils affichent également un sens commun de la précision sonore et un même attrait pour le dialogue des esthétiques et des générations musicales. D’où ce concert en forme de portrait croisé, dans lequel les œuvres de Dumont, dévoilant toute la palette d’univers du compositeur, entrent en résonance avec celles de quelques aînés, dont son maître Gérard Pesson ou encore Debussy et Webern. Aurélien Dumont interroge ici par ailleurs la situation de concert et d’écoute, en proposant un spectacle qui s’articule autour d’un dialogue entre musique de chambre et vidéos silencieuses. Ces dernières sont l’œuvre de Jennifer Douzenel, dont la démarche l’a profondément touché par les convergences qui s’établissent avec son propre travail. Il ne s’agit pas ici pour lui d’instituer un rapport illustratif de l’image sur la musique ou de la musique sur l’image, mais bien de penser le silence des vidéos comme un silence habité, prolongement de celui, si particulier par sa fragilité, qui se manifeste après l’exécution des œuvres musicales en situation de concert.

PROGRAMME :

Aurélien Dumont, Berceuse et des Poussières, 2012 (13’)

Aurélien Dumont, Sérieux gravats, 2010 (16’)

Aurélien Dumont, Fiocchi di silenzio, 2014 (2’)

Claude Debussy, Ce qu’a vu le vent d’Ouest (1er livre)

Claude Debussy, Ondine (2ème livre)

Salvatore Sciarrino, Une étude pour violon, 1976 (18’)

Gérard Pesson, Ne pas oublier coq rouge dans jour craquelé, 2010 (10’)

Anton Webern, Opus 7, 1910 (5’)

DISTRIBUTION :

Jean-Philippe Wurtz Chef d’orchestre, Chie Otsuka Piano, Keiko Murakami Flûte, Adam Starkie Clarinette, Thierry Spiesser Trombone, Malika Yessetova Violon, Elodie Gaudet Alto, Johannes Burghoff Violoncelle, Victor Hocquet Percussions.

Oversea III

Tournée USA de l’Ensemble Linea, du 02 au 21 avril 2016

OVERSEAS IV

Après ses débuts américains en 2011 et en 2013, dans le cadre des deux premières tournées Overseas (Les Outremers), l’Ensemble Linea revient aux Etats-Unis pour un nouveau cycle de concerts, d’ateliers et de rencontres dans quatre villes américaines : à Pittsburgh, à Buffalo, à New York dans le cadre du Festival MATA et à Chicago. 

Avec Overseas III, Linea offre un tour d’horizon de la création contemporaine française avec quelques-uns des talentueux compositeurs d’aujourd’hui (Cendo, Durieux, Dumont, Sannicandro, Dusapin). Un panorama valorisé par la première mondiale à Pittsburgh du troisième mouvement des Etudes en alternance de Frédéric Durieux, qui saura séduire le public américain, celui de Pittsburgh en particulier, ville connue pour être un nouveau foyer actif d’expérimentation et d’innovation.

L’échange, la coopération et l’éducation sont un pôle important d’Overseas III. C’est dans cet esprit que Linea développe une collaboration avec les universités américaines. En plus des concerts présentant le répertoire français, Linea sera en résidence à l’Université de Pittsburgh, à celle de Buffalo ainsi qu’au Chicago Northwestern. Dans ce cadre, l’ensemble accompagnera les jeunes compositeurs du département de composition et donnera leurs oeuvres, dont la plupart en création mondiale, lors du concert clôturant chaque résidence.

Linea est également invité au Festival MATA à New York, l’événement incontournable du paysage américain de la « nouvelle musique ». En concert à la National Sawdust, Linea présentera les œuvres des jeunes compositeurs américains sélectionnés par le Festival.

En attendant, Overseas renforce la place de Linea aux Etats-Unis où ses tournées précédentes avaient déjà été repérées par une partie des médias et des professionnels. L’ensemble conforte également, à travers les nombreux échanges engagés, sa connaissance du répertoire américain actuel, qui servira pour de futurs projets en France et en Europe, comme cela a déjà été le cas après Overseas I et Overseas II, avec des concerts de musique américaine, comme par exemple au Festival Musica en 2012 et un concert « américain » en janvier 2014 à l’Arsenal de Metz.

Overseas III confirme l’engagement de Linea dans les collaborations concrètes et à long terme avec les Etats-Unis.

PROGRAMME :

2 et 4 avril 2016, Andy Warhol Museum, Pittsburgh

Raphaël Cendo, Rokh I, 2011-12 (15’)
Aurélien Dumont, Fiocchi di Silenzio, 2014 (2’)
Valerio Sannicandro, Constructa, (11’)
Marco Momi, Iconica, 2010 (12’)
Pascal Dusapin, Indeed, 1987 (9’)
Frédéric Durieux, Études en alternance 1, 2, 3 (n°3 en Création mondiale) (17’)

+ Concert des oeuvres des étudiants en composition interprétées par l’Ensemble Linea :

Ramteen Sazegari (String Trio with trombone), Laura Schwartz (piano, alto, trombone) Jason Belcher (violon, clarinette, trombone, vibraphone), Xinyang Wang (flûte, clarinette, piano, violon, violoncelle) Lu-Han Li: (trombone, violoncelle), Brian Riordan (flûte, clarinette, violon, violoncelle), Ryan McMasters (nouvelle pièce), Jeff Weston (violon, alto, violoncelle).

06 avril 2016, Lippes Concert Hall – The Robert and Carol Morris Center for 21st Century Music, Buffalo

Raphaël Cendo, Rokh I, 2011-12 (15’)
Aurélien Dumont, Fiocchi di Silenzio, 2014 (2’)
Valerio Sannicandro, Constructa, (11’)
Marco Momi, Iconica, 2010 (12’)
Pascal Dusapin, Indeed, 1987 (9’)
Frédéric Durieux, Études en alternance 1, 2, 3 (n°3 en Création mondiale) (17’)

+ Concert des oeuvres des étudiants en composition interprétées par l’Ensemble Linea :

Alex Huddleston (NY), Roberto Azaretto (NY), Matt Chamberlain (NY), Meredith Gilna (NY), Su Lee (NY), Weijun Chen (NY).

11 et 13 avril 2016, New York – Festival MATA, National Sawdust

Yair Klartag, New work for Linea, flûte, clarinette, trombone, violon, alto, violoncelle, piano – création mondiale
Zeno Baldi Mimo – clarinette, piano, violon, alto, violoncelle (10’)
Scott Wollschleger, America – violoncelle solo (8’)
Utku Asoruglu flûte, clarinette, trombone, violon, alto, violoncelle, piano – création mondiale
Weijun Chen Nouvelle pièce
Arash Yazdani Demodulation, flûte, clarinette, hautbois, violon, alto, violoncelle (11′)
Michelle Agnes Magalhaes, Mobile, piano préparé (7’)

18 et 21 avril 2016, Mary B. Galvin Recital Hall – Bienen School of Music/ Institute for New Music – Northwestern University, Chicago

Raphaël Cendo, Rokh I, 2011-12 (15’)
Aurélien Dumont, Fiocchi di Silenzio, 2014 (2’)
Valerio Sannicandro, Constructa, (11’)
Marco Momi, Iconica, 2010 (12’)
Pascal Dusapin, Indeed, 1987 (9’)
Frédéric Durieux, Études en alternance 1, 2, 3 (n°3 en Création mondiale) (17’)

+ Concert des oeuvres des étudiants en composition interprétées par l’Ensemble Linea.

Morgan Krauss (violon, alto, violoncelle, piano), Carlo Diaz (flûte piccolo, clarinette bass, violoncelle), Michal Raymond Massond (flûte, clarinette, trombone, percussions, piano, violon, alto, violoncelle, piano) Wilson Smith (flûte, clarinette bass, trombone, violon, alto, violoncelle, piano), Jose Miguel Arrelano (flûte, clarinette, trombone, percussions, piano, violon, alto, violoncelle), Noah Jenkins (flûte, clarinette, trombone, piano, violon, alto, violoncelle).

DISTRIBUTION :

Jean-Philippe Wurtz Chef d’orchestre, Keiko Murakami flûte, Andrea Nagy clarinette, Thierry Spiesser trombone, Marco Fusi violon, Elodie Gaudet alto, Johannes Burghoff violoncelle, Claudia Chan piano, Frédéric Durrmann Régisseur de tournée.

Festival manifeste 2016

Jeudi 16 juin 2016 – Festival ManiFeste – Paris, France.

L’Ensemble Linea est invité au Festival ManiFeste à l’IRCAM/Centre Pompidou pour un concert exceptionnel le 16 juin 2016. L’ensemble y présentera trois pièces originales de Philippe Manoury, Rebecca Saunders et Emanuele Palumbo.

Pierre Boulez est souvent revenu sur ses propres œuvres, concrétisant une idée latente et une extension imprévisible de « l’infracassable noyau » originel. Dans sa création en hommage à Pierre Boulez, Philippe Manoury reprend à son tour l’une de ses œuvres, Partita pour violon et électronique de 2012 en y intégrant des parties instrumentales. Dans B-Partita, l’Ensemble instrumental s’ajoute au noyau initial constitué par l’instrument soliste et l’électronique. Des tempi multiples vont coexister simultanément et se communiquer entre la soliste et l’électronique.  Jeu du réel et du virtuel par le biais de la technologie.

Dans une toute autre esthétique, Rebecca Saunders entreprend sa propre extension de Fury pour contrebasse en la diffractant dans un ensemble d’instruments qui émergeront à partir des registres les plus graves. Fury II dépeint un unique état ou condition, inspiré par la contrebasse à cinq cordes : fascination pour les sons graves et palpitants et pour le large potentiel percussif de l’instrument et pour la sensualité prononcée et la gestique passionnée du contrebassiste solo. Mais aussi la fragilité prononcée de l’instrument dans le suraigu, délicat et expressif – offrant une antithèse, un monde de l’ombre. Malgré la nature irascible du matériau sonore, le silence représente le canevas duquel tous les sons émergent et dans lequel ils se noient. Fury II est conçu comme une mélodie, étirée jusqu’au point de rupture.

Emanuele Palumbo tente quant à lui de combiner un temps « objectif » et le temps fluctuant de l’interprète en l’occurrence la variation de son rythme cardiaque. Celui-ci est en effet utilisée pour guider les musiciens et même donner le tempo, au moyen de métronomes dont les battements, diffusés au sein de l’ensemble, sont audibles et font partie intégrante du discours musical. L’auditeur peut suivre les paramètres physiologiques de trois des neuf instrumentistes de l’ensemble : flûte, percussion et violoncelle. Placés chacun au cœur de trois sous-ensembles, ils développent au cours de la pièce des polyphonies entre plusieurs types d’hybridations des temps objectifs et fluctuants. Dans le même temps, les données relevées sur ces trois interprètes sont manipulées pour aboutir à la forme la plus expressive et la plus perceptible possible.

PROGRAMME :

Philippe Manoury, B-Partita (in memoriam Pierre Boulez), Création, 2015-2016 (23’)

Rebecca Saunders, Fury II, Création française, 2009 (13’)

Emanuele Palumbo, Artaud overdrive, Création, 2015-2016 (18’)

DISTRIBUTION :

Jean-Philippe Wurtz Chef d’orchestre, Hae Sun Kang Violon solo, Florentin Ginot Contrebasse solo

Stephen Altoft Trompette, Lise Baudouin Piano, Johannes Burghoff Violoncelle, Heidi Caillet Haubois, Remi Durupt Percussion, Marco Fusi Violon, Elodie Gaudet Alto, Deepa Goonetilleke Cor, Winnie Huang Violon, Marie-Andrée Joerger Accordéon, Benoît Maurin Percussion, Keiko Murakami Flûte, Andrea Nagy Clarinette

Frédéric Durrmann Régie générale, Serge Lemouton, Emanuele Palumbo réalisation informatique musicale Ircam, Marco Liuni encadrement pédagogique et scientifique Ircam, Jean-Julien Aucouturier, Emmanuel Fléty, Arnaud Recher, Frédéric Bevilacqua, Joseph Larralde conseillers scientifiques et techniques Ircam-STMS.

SAISON 15/16